Les difficultés du journal "Libération" (comme celles, à peine moindres, du "Monde") sont souvent l'occasion de se lamenter sur la concurrence des journaux dits "gratuits" et des divers sites d'information en ligne, qui "casseraient" la seule vraie presse libre, celle papier et payante.
Indépendamment du caractère réducteur de cette explication (comme j'ai déjà eu l'occasion de l'indiquer, certains journaux ont des résultats économiques à faire pâlir d'envie les plus voraces fonds de pension américains), je trouve curieux que personne ne semble s'apercevoir que la distinction gratuits/payants n'est pas si évidente qu'elle paraît : Un simple examen du site de libé, par exemple, permet de constater qu'on me propose un abonnement (sans urée minimale d'engagement) à 24.3 €/mois, le journal m'étant porté à mon domicile chaque matin et avec un DVD gratuit en prime. Il n'est pas besoin de beaucoup de calcul pour arriver à la conclusion que :
[frais de portage (au plus strict minimum, le tarif d'une lettre simple de La Poste soit environ 16€/mois pour 25 numéros) + DVD (d'une valeur marchande d'environ 20 € sur Amazon) = ... journal plus que gratuit].
Une vérification avec Le site du Monde (25€ par mois d'abonnement sur 6 mois et lecteur DVD gratuit) aboutit évidemment au même résultat....
Tout celà mériterait sans doute d'être approfondi par plus expert que moi, mais me confirme dans l'idée que l'économie de la presse - et les aides en tout genre distribuées au gré des humeurs politiques et qui, seules, permettent ce type d'aberrations économiques - mériterait sans doute une vraie remise à plat (ce qui est pratiquement le seul point où je me trouve en accord avec le médiocre rapport consacré à cette question par l'institut Montaigne). Je ne suis finalement pas sûr, quand je lis "Economie Matin" ou "20 minutes" d'avoir affaire à une presse d'une qualité très inférieure à celle de plusieurs quotidiens ou hebdomadaires prétendument "payants"... question juridique impertinente : les pratiques de vente ci-dessus mentionnées ne pourraient-elles relever du contrôle des aides d'Etat ou des pratiques anticoncurrentielles (anti-dumping) ?
Certes is est légitime de se poser la question "La presse dite payante n'est-elle pas gratuite?", mais pourquoi ne pas retourner la question: "La presse dite gratuite n'est-elle pas, en fait, payante?".
En effet, d'où vient l'argent avec lequel cette presse est financée? Des entreprises qui achètent les nombreux encarts publicitaires s'étalant dans les pages des "gratuits". Mais, d'où vient le budget publicitaire des entreprises? Bien évidemment, cette argent vient de la vente des biens ou des services que cette entreprise produit. Dès lors, on se rend bien compte que c'est le consommateur de ces biens et services qui finance, au final, ce budget publicitaire... et qui paie, par là même, l'achat des encarts publicitaires, finançant ainsi les "gratuits".
Les "gratuits" se révèlent donc moins inoffensifs pour notre porte-feuille que ce que leur nom laisse à penser...
Certes is est légitime de se poser la question "La presse dite payante n'est-elle pas gratuite?", mais pourquoi ne pas retourner la question: "La presse dite gratuite n'est-elle pas, en fait, payante?".
En effet, d'où vient l'argent avec lequel cette presse est financée? Des entreprises qui achètent les nombreux encarts publicitaires s'étalant dans les pages des "gratuits". Mais, d'où vient le budget publicitaire des entreprises? Bien évidemment, cette argent vient de la vente des biens ou des services que cette entreprise produit. Dès lors, on se rend bien compte que c'est le consommateur de ces biens et services qui finance, au final, ce budget publicitaire... et qui paie, par là même, l'achat des encarts publicitaires, finançant ainsi les "gratuits".
Les "gratuits" se révèlent donc moins inoffensifs pour notre porte-feuille que ce que leur nom laisse à penser...
Exact. Le "gratuit" est en fait, nécessairement, payant.
Néanmoins, vis à vis de la plupart de leurs concurrents, la critique est relativement mal venue dans la mesure où eux-mêmes recourent très largement à la publicité et que, pour la très grande majorité des titres existants en France, la diffusion payante est loin d'avoir un niveau suffisant pour garantir une quelconque indépendance : il suffit de vous inviter à feuilleter votre hebdo favori (Le Point, l'Express, le Nouvel Obs etc.) pour constater que le nombre de pages de pub représente pratiquement 50 % du total... Rares sont les journaux pouvant faire face au retrait d'un annonceur substantiel. A ma connaissance, seul le Canard Enchaîné fonctionne sur un modèle exclusif de toute publicité. C'est tout à son honneur mais c'est une exception sans doute peu reproductible...
Certes, le parallèle a effectivemnet ses limites et je peux difficilement comparer Direct Soir au Figaro... mais à "France Soir" ? Par ailleurs, en ce qui concerne "20 minutes", je ne suis pas tout à fait d'accord avec vous. Ce n'est effectivement pas "Le Monde" mais il se compare parfois avantageusement à "Libération" (dont du reste, une partie de l'équipe est issue).
Quoi qu'il en soit, il ne s'agit évidemment pas des mêmes journaux et je vous accorde que la comparaison est un peu hasardeuse... mais force est aussi de constater qu'en France, la presse dite "payante" est très loin d'avoir le niveau de qualité que l'on peut attendre de son prix et, pour peu que l'on soit abonné au "fil AFP", on s'aperçoit vite que la valeur ajoutée se limite dans 90 % des cas à la mise en forme des dépêches. Ce n'est pas le cas dans certains pays étrangers (je pense notamment à l'Allemagne ou au Etats-Unis).
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