Recherche publique et découverte de la démagogie

Publié le par Cacambo

Amusante (sourire forcé, toutefois) simultanéité des annonces :

- "Eurostat" publie une brêve étude dont il résulte que la France se situe parmi les pays européen dépensant le plus en faveur de la recherche (2,13 % du PIB, au 6ème rang de l'Union Européenne en terme relatif et au 2ème rang en valeur absolue, nous sommes devancés par l'Allemagne). Près de la moitié de cet effort (48 %) est financé par le secteur public, soit une proportion supérieure à celle de la moyenne de l'UE (45 %), étant observé que les pays dont l'effort de recherche (total) est le plus important sont également ceux dont les entreprises participent le plus audit effort.

"Le Monde" du 16 janvier fait état d'un rapport relatif à la recherche, établi par deux personnalités plutôt marquées à gauche (l'un, Henri Guillaume, inspecteur général des finances, ayant fait partie du cabinet de Pierre Mauroy avant d'être nommé commissaire au plan en 1984 et d'être débarqué de cette fonction sous la droite en 1987, l'autre Jean-Richard Cytermann, inspecteur général de l'administration de l'éducation et de la recherche ayant été directeur-adjoint du cabinet de Claude Allègre). La conclusion de ce rapport, semble t-il (le document ne paraît pas avoir été rendu public) serait que les politiques de recherche françaises n'ont conduit qu'à accroître l'effort public de recherche sans résultat pour l'économie et avec une qualité de travaux insuffisante qui ne permet donc pas leur valorisation ultérieure (contrats, brevets, création d'entreprises).

- Ce jour, Nicolas Sarkozy Nicolas Sarkozy, candidat de l'UMP à la présidentielle, annonce qu'il propose "un effort historique" en faveur de la recherche en augmentant le financement (public) de celle-ci, soit quatre milliards d'euros. Ségolène Royal n'est pas en reste et propose de son coté dans une interview à paraître dans le magazine "Recherche" d'accroître de 10 % par an ce même effort public de recherche. Promettons et dépensons, c'est toujours plus facile que de réformer. La "rupture" n'est pas pour demain, ni à gauche ni à droite.

Actualisation au 30 janvier : le rapport est en ligne sur le site du MINEFI (https://www.igf.minefi.gouv.fr/sections/rapports/valorisation_de_la_r/). Le ministère de la recherche, dont l'inspection générale est pourtant co-auteur du document, s'abstient pour sa part de toute publication. Bel exemple de solidarité gouvernementale...

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