Le moment du réveil n'est pas plus agréable pour le blog que pour son propriétaire... Je ne vais pas raconter ma vie et ne vous indiquerai donc pas toutes les différentes motivations de ce long
sommeil (ce dont, du reste, vous n'auriez, à juste titre, rien à faire).
Tout au plus je vous indiquerai que parmi ces raisons, il y a eu une certaine amertume - et même un relatif découragement - autant liés aux ratages successifs de la présidence (sans être un
Sarkozyste militant, certains d'entre vous l'avaient sans doute compris, j'avais mis certains espoirs en ce nouveau quinquennat notamment en termes de réforme de l'Etat), qu'à l'incapacité
dans laquelle se trouve l'opposition d'offrir une alternative crédible (sa victoire aux municipales, gage d'un immobilisme tranquille pour les prochaines années, étant sans doute le plus beau
cadeau qui pouvait être offert à la droite).
Je vous rassure (si nécesaire), ma somnolence récente était (heureusement) liée à bien d'autres raisons personnelles et professionnelles... Les yeux de ce blog étant désormais bien rouverts
(jusqu'à leur prochaine sieste), je vais essayer de reprendre mon très modeste cycle de chroniques...
Est-il nécessaire de compléter ? Ceci est pour répondre à un certain nombre d'interlocuteurs s'etonnant de mon silence persistant...
Dans la mode des blogs (qui tend heureusement semble t-il à s'estomper nettement, on peut espérer que la qualité restera), peu de choses m'exaspère autant qu'un certain nombre d'auteurs "profitant" de leur (relative) célébrité sur la blogosphère pour faire du remplissage narcissique dont l'intérêt essentiel n'est que d'alimenter autant que possible leurs statistiques d'audience (il n'est pas nécessaire de donner des noms, peut-être suffit-il - notamment - de se référer à la production de certains "lieu-communards" sites plus médiatiques qu'autre chose)...
Donc en ce qui me concerne, je vous épargnerai une dissertation sur la température de mon eau de baignade ou les détails des problèmes de ma blelle-mère et je reprendrai la plume lorsque l'actualité juridico-politico-institutionnelle me semblera mériter mes commentaires.
Petit billet pour annoncer mon très prochain retour après une longue absence due, a) à des problèmes personnels qui ne regardent que moi, b) à une situation professionnelle relativement instable en ces temps troublés, c) aux contraintes liées à la nature même de ces troubles et qui conduisent à devoir achever dans l'urgence un certain nombre d'affaires et en même temps à devoir préparer l'arrivée de la nouvelle équipe gouvernementale...
A très bientôt
Aujourd'hui, dernier conseil des ministres avant congés d'été... ce qui me donne l'occasion d'expliquer le net ralentissement de ma production d'articles au cours de ces dernières semaines. En effet, contrairement à ce que l'on pourrait croire, cette situation n'est néanmoins pas (encore) liée à mes congés mais au contraire… à une surcharge de travail liée au rythme particulier des congés de la "machine gouvernementale".
En effet, ce rythme se caractérise notamment par la quasi-simultanéité des dates de vacances dans tous les échelons hiérarchiques supérieurs. En pratique, les conseils des ministres s'interrompant quelques semaines au mois d'août, le président de la République, le Premier Ministre et l'ensemble des membres du gouvernement prennent des congés au cours de cette période. Ceci constitue une situation relativement atypique par rapport au secteur privé (où, en règle générale, le N-1 assure l'intérim du niveau N), mais s'explique par le fait que les fonctions gouvernementales politiques sont par nature personnelles. Mais, cette spécificité s'accentue par le fait que la plupart des proches collaborateurs des ministres (cabinets et direction d'administration centrale) "calent" également leurs congés de façon strictement identique... A cet égard, la "canicule" de 2003 n'a fait que révéler au public un phénomène bien connu de la plupart des connaisseurs de l'administration et qui fait que, durant quelques semaines, la "permanence de l'Etat" n'est parfois "assurée" que par quelques conseillers dans chaque cabinet (souvent les derniers arrivés), en général incapable d'assumer la moindre responsabilité.
Au total, et sauf les dégats médiatiques pouvant résulter d'une canicule malencontreuse durant la période considérée (mais rien ne laisse à penser que la présence du ministre de la santé et de son cabinet eût permis de sauver la moindre vie), cette situation ne présente pas réellement d'inconvénient. Si ce n'est ma situation personnelle au cours des dernières semaines au cours desquelles, chacun se préparant à partir en congés, on tente désespérément de liquider ses dossiers avant... d'où une accélération brutale du rythme de décisions, de parapheurs à viser, à lire, à annoter et de réunions. Et d'où un appauvrissement sensible de mon site dans le même temps. Je vous prie de m'en excuser et vous promets de reprendre très prochainement un rythme plus régulier.
Je n'ai encore jamais parlé de ce rituel gouvernemental que sont les "réunions interministérielles". alors qu'on ne parle jamais de ces réunions en faculté de droit, ce sont pourtant elles qui marquent l'activité de direction du Gouvernement par le Premier Ministre et son cabinet. Il s'agit en fait, simplement, des réunions organisées à Matignon par le cabinet du Premier Ministre entre les différents ministères intéressés par tel ou tel sujet, en vue (en principe) de trancher les éventuels avis divergents des différents ministères et de rendre les "arbitragesé" gouvernementaux.
Des "réunions interministérielles" ("RI" ou "inter" dans notre jargon), il y en a sur tout (la vache folle, le budget de tel ou tel établissement public, les projets de lois, des communications en conseil des ministres etc.) et parfois n'importe quoi ... J'y reviendrai surement au fil du blog...
Les participants sont de niveau hiérarchique varié, il existe des réunions réservées aux directeurs de cabinet, aux seuls membres de cabinets, ou sans précision. En général, le format de la délégation d'un ministère est un membre du cabinet du ministre et un ou plusieurs représentants des administrations. Les réunions sont présidées par un ou plusieurs membres du cabinet du Premier Ministre assisté d'un représentant du secrétariat général du gouvernement.
Je reparlerai le moment venu de ces réunions, tout au plus puis-je noter que celles que j'ai eu en début de semaine n'ont fait que confirmer un constat que je fais depuis quelques années ... la tendance notable à l'inflation du nombre de participants à ce type de réunions. Il est vrai que les convocations du secrétariat général du gouvernement mentionnent rituellement que la limitation du nombre de chaque représentation ministérielle à deux personnes, mais cette injonction n'est en réalité jamais respectée et l'on voit régulièrement certains ministères (les finances sont des spécialistes) arrivant à 5 et plus... Comme ceci se conjugue avec un nombre de plus en plus grand de ministères convoqués aux réunions (chaque ministère s'estimant concerné par tout - ou presque), on arrive à un format global de réunion dépassant souvent 30 à 40 personnes avec souvent 3, 4 ou 5 conseillers du Premier Ministre co-présidents... Sans être pourtant un doyen, je me rappelle que, lorsque j'ai commencé à fréquenter ce type d'instances au milieu des années 1990, le format moyen d'une "RI" était de 10 à 15 personnes et d'1 ou 2 conseillers du Premier Ministre.
Evidemment, ces réunions sont de ce fait souvent inutiles (débats impossibles, décisions inexistantes). Elles sont donc doublées de plus en plus souvent par des "réunions informelles" qui, selon un format plus restreint, prennent les vraies décisions.
Comme on le voit, la réforme de l'Etat est en marche.
La vie des ministères (et surtout des cabinets) est rythmée, quotidiennement par l'arrivée du "Monde" (je me souviens d'un ex-Premier Ministre qui avait fait part devant moi de sa surprise lors de son premier jour à Matignon quand l'huissier est venu lui apporter son "Monde" sur un plateau d'argent...) et hebdomadairement par celle du "canard enchaîné" (que les cabinets reçoivent en général dès le mardi soir)... Je confesse en ce qui me concerne une nette préférence pour cette dernière publication. Grâce à un collègue, j'ai pu croquer le palmipède dès ce soir. Lecture toujours instructive. On y apprend notamment :
- que l'administration centrale de M. de Robien diffuse à ses agents un "guide" leur apprenant à se "reposer assis" et même ... à choisir la meilleure position sexuelle, croquis à l'appui (!) ;
- que "Le Figaro" - nostalgie inavouée sans doute du stalinisme qu'il a tant combattu - trafique les photos pour éviter de montrer notre président préféré en mauvaise compagnie avec certain financier japonais (conception particulière de la liberté de la presse, le pauvre Beaumarchais n'a pas mérité celà) ;
- que les plans du Clémenceau n'avaient sans doute jamais été ouverts depuis 1961 (pour chiffrer devant les tribunaux de notre pays et de pays étrangers l'amiante restant dans le navire, nos marins s'étaient donc référés à l'âge du capitaine ?).
- etc. Je ne dévoile pas tout car il faut bien vous laisser acheter cet honorable journal. En ce qui me concerne, bien que j'en dispose à mon bureau, je continue à m'astreindre de l'acheter chaque semaine, estimant que je participe ainsi à la vie d'un journal qui vit de ses ventes, n'est dépendant d'aucun annonceur (puisqu'il n'a pas de publicité), et pourtant affiche des comptes à faire envier toute la presse de ce pays (comme quoi, la qualité paie parfois, leçon que devrait méditer certains organes quotidiens).
Certes, je ne partage pas tous les partis-pris dudit canard, mais après tout qu'importe. Force est du reste de constater que pour les affaires que j'ai pu connaître et qui ont eu le bonheur (?) d'intéresser le caneton, j'ai rarement constaté d'erreur factuelle (à la différence de nombreux autres journaux dits de référence) ; tout au plus des interprétations plus ou moins hasardeuses.
C'était ma soirée publicité (non rémunérée).
A juste titre, la plupart des médias relèvent l'état de quasi-léthargie dans lequel sont plongés la plupart des ministères... Ceci n'empêche pas certains de se préparer à un avenir (radieux ?).
C'est ainsi que, sous le prétexte de la préparation d'une émission TV, un chef de cabinet de l'un des ministres du Gouvernement a adressé hier soir un e-mail à la plupart de ses colllègues en demandant à chacun d'eux de lui transmettre une courte fiche sur les principaux projets en cours dans le ministère concerné...
Je ne dévoilerai pas de secret d'Etat en indiquant que personne n'a cru au prétexte invoqué, tout un chacun ayant vu cette demande pour ce qu'elle était, à savoir une tentative (très, très) maladroite de rassembler les éléments d'un discours de politique générale en cas de nomination à Matignon...
Et à part celà le gouvernement travaille dans la sérénité la plus totale.
La presse nous annonce donc le prochain retour du Clémenceau en France. Les tribulations juridiques qui ont accompagnées la triste fin de vie de ce navire ont suffisamment fait couler d'encre pour que je n'en rajoute pas avec quelques octets...
Dans cette affaire, je ne participe pas à la critique facile du ministère de la défense et de sa responsable ... après tout cette dernière a quelque raison d'observer que l'ex-porte-avions est désarmé depuis 1997 et que ses predécesseurs se sont contentés - en ceci comme en beaucoup d'autres matières - de ne rien faire.
Ce splendide ratage a néanmoins causé des dégats sans précédent ; au plan international, l'image de la France en a été très profondément atteinte et sans doute pour relativement longtemps ; et je ne parle pas du coût financier de cette affaire qui se chiffrera sans doute à plusieurs dizaines de millions.
Et pourtant, nul n'auditera sans doute jamais les cuases profondes de ce désastre. Il est vrai qu'un tel processus d'audit - visant à déterminer les causes des erreurs et à en éviter leur renouvellement - est finalement peu courant en France. Il n'a à ma connaissance été mis en oeuvre qu'à l'occasion de l'affaire dite d'Outreau. Faut-il croire (avec un peu de mauvais esprit) qu'il est plus facile de s'attaquer à la Justice qu'à la Marine Nationale ? Je le crains.
Je pense aussi que celà résulte de la culture d'irresponsabilité dans laquelle baigne toute la haute fonction publique (et politique, du reste)... Mais que cette même fonction publique - incapable d'examiner les causes de ses échecs - ne vienne alors pas se plaindre de l'incursion du juge pénal dans son champ d'activité. a l'instar de la nature, le citoyen a horreur du vide en ce domaine.
Les hauts fonctionnaires ne sont pas (toujours) que des technos sans âme, ils sont aussi (parfois) de jeunes pères qui, comme moi, passent une partie de leur week-end à accompagner leurs jeunes enfants pour des promenades à vélo. Même en ces occasions toutefois, on peut faire de la réflexion politique et, en ce dimanche comme pour d'autres auparavant, ma qualité d'usager-cycliste-urbain m'a permis d'observer :
a) Que la politique de promotion du vélo, comme toute politique, se heurte à la difficulté de bousculer les situations acquises. On dit toujours souhaiter diminuer la place de la voiture en ville, mais on est loin de mettre le millième des crédits (et de l'espace) bénéficiant aux voitures en faveur de l'aménagement au profit des vélos. A ce jour, et quoi qu'en disent certains maires vite autosatisfaits, les aménagements "cyclistes" mis en place en région parisienne sont - pour ceux que je connais - loin d'égaler les pires installations hollandaises ou même allemandes que j'ai pu fréquenter.
b) Que lorsque des pistes cyclables sont installées (celà commence à arriver à Paris comme en banlieue), on constate vite que la moitié d'entre elles (au bas mot) sont en pratique peu utilisables soit qu'elles sont dangereuses (cas des pistes qui ne sont matérialisées que par une marque de peinture et qui servent essentiellement de parking ou de voie de délestage pour autos), soit qu'elles sont mal conçues (cas des pistes qui sont tellement peu distinguées des trottoirs qu'elles sont, à juste titre, simplement utilisées comme tel par tous les piétons, enfants et adultes. Je me demande souvent si les concepteurs de ces pistes cyclables les utilisent quelquefois...
c) Que néanmoins dans ce domaine comme en d'autres, une action politique volontariste permet en relativement peu de temps (moins d'une mandature municipale) de donner des résultats concrets et visibles pour nos concitoyens dès lors qu'on accepte de s'en donner un minimum les moyens et qu'on mène en ce domaine une action cohérente.
Toute proportion gardée, il me semble que ces trois observations sont facilement transposables pour toute politique de quelque nature qu'elle soit... Mais je m'égare...
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