Samedi 13 janvier 2007
Je sais que j'arrive un peu tard, mais il était difficile de ne pas relever dans la présente catégorie l'époustouflante prestation de Madame Royal en Chine qui, au cours d'un voyage pourtant relativement bref, a réussi :
- A inviter la justice française à suivre l'exemple de la célérité de la justice chinoise (je n'ose pas penser ce qu'aurait été l'hystérie de certains bien-pensants si M. Sarkozy avait formulé une telle proposition...).
- A donner doctement des leçons d'exportation sur le marché chinois aux entreprises françaises et, sans doute inspirée par les mânes de Mao, à inviter celles-ci à faire leur auto-critique lorsqu'elles n'obtiennent pas les marchés espérés. (J'avoue une certaine jouissance à entendre ce type de propos de la part d'une d'énarque n'ayant jamais fait autre chose que de la politique - franco-française - et des cabinets ministériels).
- A nous infliger avec plus de platitude que de bravitude, les triste proverbes pour touristes qui en viendraient presque à me faire regretter les raffarinades.

On passera enfin les fautes de goût caractérisées (qui démontrent qu'à défaut d'expérience diplomatique, ce qu'on ne saurait lui reprocher, elle ne sait pas non plus s'entourer de conseillers compétents), tels que l'habit immaculément blanc (couleur du deuil en Chine et considérée donc comme portant malheur lorsque portée hors ce type de circonstance) ou la tentative maladroite de faire la bise à une brave dame (alors que les orientaux ont horreur de ce type de contacts physiques).

Pour accroître ses chances de perdre, Madame Royal se doit de démontrer à tous les français la justesse des critiques faites (notamment) par les éléphants du PS à son encontre. La campagne électorale ne faisant que commencer, je vois que tous les espoirs sont permis...
par Cacambo publié dans : Que le meilleur perde (ils font des efforts)...
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Mercredi 20 décembre 2006

L'actualité démocratique m'oblige à sortir de ma pré-hibernation prolongée de ces derniers jours (un léger surcroît de travail) pour féliciter le Sénat et en particulier son groupe socialiste qui a réussi à déposer et à faire adopter un merveilleux amendement au projet de loi de finances rectificative pour 2006 : il s'agit ni plus ni moins que d'indexer la revalorisation des indemnités parlementaires sur l'inflation et non plus sur l'évolution du traitement des fonctionnaires. On notera avec intérêt qu'au cours des débats d'hier, cet amendement a été adopté sans objection de quiconque, le gouvernement s'en remettant à la "sagesse" du parlement.

En d'autres termes, le Sénat permet ainsi aux parlementaires de s'exonérer de la politique suivie avec constance (par la droite comme par la gauche) depuis 1983 et consistant précisément à "désindexer" les salaires de l'inflation. Mais évidemment, il était sans doute vain de croire que les sénateurs puissent s'estimer soumis au régime général de tous les français (chacun sait que les sénateurs sont particulièrement mal lotis en terme de rémunération)... Le plus drôle (si l'on peut dire) dans cette affaire est que la motivation "officielle" de cet amendement est de "mieux garantir" l'équilibre financier du système de retraite des parlementaires qui est déjà un "régime spécial" de retraite particulièrement avantageux...

J'essaie en général de me détacher d'un certain antiparlementarisme souvent trop facile. En l'espèce toutefois, je dois admettre que la Sainte Alliance parti socialiste / majorité sénatoriale pour s'exonérer de la règle commune ne peut que m'amener à mieux comprendre la banalisation des idées extrémistes en France (et je ne pense pas qu'à M. Le Pen). Sans doute fallait-il que nos parlementaires aident encore à cette progression. Bravo à tous.

MISE A JOUR :
Comme le mentionne à juste titre M. Autheil dans son commentaire, cette brillante mesure a été suppprimée en commission mixte paritaire suite notamment à un "coup de gueule" (que je trouve moi aussi assez bien vu) de M. Jean-Louis Debré, président de l'Assemblée Nationale...

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Mardi 7 novembre 2006

Il aura donc fallu un sondage mettant M. Hulot à 66 % en tant que "personnalité représentant le mieux la défense de l'environnement pour la présidentielle" pour que M. Fabius, illuminé par la grâce, lui propose presque le jour même un poste de "ministre d'Etat, n°2 du gouvernement" (excusez du peu). Il démontre ainsi brillamment :

a) que sa préoccupation pour l'écologie (et évidemment pour le reste) est directement corrélée à la courbe des sondages (à l'instar sans doute de son souci du maintien d'EDF dans le secteur public que l'on avait pas compris aussi sensible au temps où l'intéressé, ministre des finances du gouvernement Jospin, plaidait pour la mise sur le marché de la même entreprise).

b) que la composition de son futur gouvernement (et son programme de travail) n'est aucunement liée à des considérations aussi bassement matérielles que la cohérence politique ou l'accord très superflu des députés mais à la parution de la dernière cote de popularité IFOP ou SOFRES. Ses collègues du PS (et d'ailleurs) qui ont peut-être quelques idées sur l'écologie et qui, légitimement ou non, briguaient le poste, mais dont la cote dans l'opinion est probablement équivalente à celle de mon canari apprécieront à sa juste mesure...

c) que compte tenu de ces mêmes sondages, on peut sans grand risque estimer que Zizou, en tant que ministre (d'Etat bien sûr) des sports et l'Abbé Pierre (même chose pour les affaires humanitaires) ont sans doute un bel avenir devant eux. On craint le pire au cas où un sondage devait démontrer la grande popularité de Rintintin dans l'opinion publique.

M. Fabius gagne donc brillamment le trophée du "que le meilleur perde" de la semaine (on n'est que mardi, je prends un risque).

par Cacambo publié dans : Que le meilleur perde (ils font des efforts)...
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Lundi 16 octobre 2006
Premier exemple de la nouvelle rubrique "que le meilleur perde", que je ne pouvais laisser longtemps sans contenu (la bonne compréhension de cet article nécessite la consultation préalable de ces quelques explications)...

On a appris la semaine dernière que M. Perben avait décidé de donner son feu vert aux études préalables à la couverture de la N 13 qui traverse Neuilly entre Porte Maillot et La Défense, petit chantier qui devrait coûter, pour 1,4 kilomètre, la modeste somme de 750 millions d'euros (prévisionnels, soit largement plus d'1 milliard au final compte tenu des dérives habituellement constatées en ce domaine. Décryptons cette décision :

- Elle met directement en cause le maire de Neuilly, M. Sarkozy, non en tant qu'auteur direct de la mesure (c'eut été trop gros pour être crédible) mais, mieux, comme tirant directement les ficelles de M. Perben. On arrive ainsi à la fois à crédibiliser les accusations de "candidat des riches" formulées à l'encontre du candidat UMP tout en démontrant qu'il est aujourd'hui en mesure d'obtenir à peu près ce qu'il veut de chaque ministre du gouvernement, ce qui va à l'encontre de son discours sur "la rupture", le tout au moyen d'une mesure qui vient à point pour rappeler quelles sont les priorités du maire de Neuilly en matière de politique des banlieues...

- Une absurdité ne "paye" électoralement (selon la théorie sur laquelle est basée cette rubrique) que si elle est visible. Difficile de faire mieux qu'en l'espèce. Sans compter la couverture médiatique, au moins 160 000 véhicules (et donc au moins autant d'électeurs potentiels) passent chaque jour sur ce trajet... S'ils souffrent certes des conditions de circulation, la plupart d'entre eux - rentrant ou venant de quartiers qui n'ont pas grand chose à voir avec Neuilly - et vous aurez compris que l'auteur de ces lignes en fait partie - sont bien placés pour juger que cet endroit est évidemment loin d'être le pire des points noirs de la banlieue parisienne et, évidemment, que la situation des riverains (qui sont par ailleurs à quelques centaines de mètres du bois de Boulogne) ne suscite pas immédiatement la compassion...

- L'électorat populaire a besoin de messages clairs. Ce n'est pas un hasard si "Le Parisien" (et non Le Monde ni, on se demande pourquoi, Le figaro) a titré sur le coût de ce chantier, rappelant que celui-ci correspondrait à 1,5 fois le coût de la rénovation du RER B, à 5 fois le coût du prolongement de la ligne 13 du métro (et à un quart du "super métro" périphérique en projet). Chaque usager des transports en commun peut ainsi apprécier à sa juste mesure...

- Il est rare de pouvoir déplaire à des électeurs sans risquer d'en gagner d'autres. On y est arrivé avec une décision qui consistant à demander au contribuable (et électeur incertain) national de financer les plus-values immobilières des très prévisibles électeurs neuilléens...

- Enfin, et c'est le plus beau, cette stratégie est d'autant plus remarquable qu'après avoir "encaissé" les conséquences négatives de cette annonce, il est évidemment très probable que les travaux ne seront jamais effectués. D'une part en raison de leur coût. D'autre part et surtout, parce qu'il est inenvisageable (sauf à fermer La Défense et une bonne partie de la banlieue ouest) de procéder au blocage, pourtant inéluctable si l'on devait effectivement faire les travaux, à la fois de la circulation routière sur la N13 (du fait de son enfouissement), de la ligne 1 du métro et, probablement, au moins temporairement, de la ligne A du RER (toute deux passant juste au-desous de la voie ayant vocation à être enterrée...).

Par un simple effet d'annonce qui n'aura sans doute aucune traduction concrète possible, M. Sarkozy aura donc réussi, si ce n'est à perdre des voix (c'est un peu tôt), tout au moins à participer activement, auprès de l'électorat populaire, et au moyen d'une décision que pratiquement personne ne sait défendre mais que chacun peut lui imputer, au phénomène de "brouillage" qui commence, doucement, à polluer son image médiatique et celle de son parti. Ceci méritait d'être salué comme il se doit dans la présente rubrique...
par Cacambo publié dans : Que le meilleur perde (ils font des efforts)...
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Dimanche 15 octobre 2006
C'est donc, c'est décidé, je me lance moi aussi dans le commentaire politique personnel. Après tout, je n'ai sans doute pas moins de qualités pour celà que la plupart des professionnels en la matière qui n'ont en général d'autres titres que de s'être magistralement plantés dans leur prévision à chaque échéance électorale, après avoir (entre autres) prévus la victoire de Giscard, de Barre, de Balladur et de Jospin, sans parler du dernier référendum (rare occasion dans laquelle, je confesse sans fausse modestie, m'être montré sensiblement plus clairvoyant qu'eux). Tout ces exploits ne les empêche pas aujourd'hui de poursuivre leur noble oeuvre d'éducation populaire, alros après tout, pourquoi pas moi ?

Malheureusement le créneau est assez encombré sur la blogosphère et je ne peux exclure que les meilleurs auteurs soient sensiblement plus pertinents que leurs collègues professionnels (et en tout cas que moi)... Après une rapide étude de marché, j'ai donc décidé d'aborder la thèmatique sous un angle plus original que je dois à la lecture, il y a quelques années, d'un excellent quoiqu'ancien ouvrage de MM Michel Burnier et Frédéric Bon. L'intéressante thèse développée (avec beaucoup d'humour et de nombreux exemples tirés de l'actualité des années 80-90) par les auteurs était très simple : elle reposait sur l'hypothèse que l'incohérence apparente de certains comportements politiques dissimulait en fait une stratégie délibérée (mais qui devait, pour être efficace, rester inconnue du commun des mortels électeurs) ayant pour objectif de perdre les élections...

Si l'on y réflechit en effet, gagner une élection a en général en effet la désagréable conséquence de devoir assumer une ingrate tâche, celle consistant à devoir, pour un salaire de cadre moyen, assumer l'écrasante responsabilité de gouverner (un état, un département ministériel, une collectivité territoriale). Il va donc falloir (un peu) dire la vérité à ses électeurs, (parfois) tenir compte des réalités, (quelquefois) assumer les conséquences des mesures catastrophiques qu'on a soi-même prise, (très souvent) devoir aussi assumer les conséquences (non moins catastrophiques) des mesures prises par nos adversaires qui ont, eux, réussis à se faire battre aux élections... J'ajoute que l'on se fâche évidemment avec beaucoup de futurs ex-amis faute de pouvoir satisfaire leurs demandes personnelles les plus variées... J'en passe et des meilleures. Dans notre sympathique pays démocratique, comment alors ne pas avoir alors la nostalgie de la situation d'opposant(e) ? on peut alors adapter la réalité à son discours (ou, plus simplement, n'en tenir aucun compte), dire tout et son contraire, accuser son adversaire au pouvoir d'être à l'origine de toute mauvaise nouvelle et au contraire revendiquer la paternité morale de toute mesure symathique que ce dernier viendrait à décider (ce qui ne l'empêche pas, si ladite mesure s'avère désastreuse, de lui en faire porter toute la responsabilité au motif qu'il n'est pas même capable de mettre en oeuvre correctement une si bonne idée). Evidemment, il se fait de nombreux amis puisqu'il peut, sans inconvénient, leur promettre à peu près tout ce qu'ils demandent ...

Dans ces conditions, on comprend mieux les alternances qui se succèdent dans notre pays depuis 25 ans. Il ne s'agirait finalement que du résultat (remarquablement équilibré) de cette recherche constante de la défaite, chaque camp parvenant (par mégarde ou erreur) au pouvoir n'ayant alors de cesse que de créer les conditions lui permettant de le perdre au plus vite... Certes, les choses ne peuvent pas être clairement exprimées devant l'électeur... Et pourtant, en tant que "taupe" infiltrée depuis quelques années au coeur du système, je puis au moins tmoigner personnellement que j'ai plusieurs fois entendu des hauts responsables politiques , regretter ouvertement leur ancienne situation d'opposant... Peut-être n'était-ce alors qu'un accès de franchise inconsidéré, leurs auteurs "trahissant" ainsi le grand secret qui unit la classe politique ? L'hypothèse n'est finalement pas plus absurde que de nombreux autres "complots" doctement commentés sur le web et ailleurs... (d'accord elle ne l'est pas moins, mais contrairement à d'autres elle au moins le mérite de nous offrir quelques occasions de rigoler)...

L'actualité est pleine d'exemple permettant (avec un peu de bon sens et beaucoup de mauvais esprit) d'illustrer cette thèse. Par souci de clarté, je le ferai dans des articles distincts... A suivre donc dans cette nouvelle rubrique intitulée, en hommage au titre de l'ouvrage ci-dessus mentionné, "que le meilleur perde", tout en notant, d'ores et déjà, qu'ils font effectivement des efforts pour y parvenir...
par Cacambo publié dans : Que le meilleur perde (ils font des efforts)...
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