"L'inaction de l'administration" à réformer l'ENA est-elle fautive ?
Damned. Silence des lois vient de me piquer mon sujet du jour, ayant eu moi-aussi l'ambition de plancher sur le sujet d'admissibilité "offert" aux candidats énarque, soit "l'inaction administrative", sujet qui se prête pourtant à bien des considérations facilement ironiques... J'en suis d'autant plus marri que je n'ai pratiquement rien à redire sur son billet au-delà du commentaire que je me suis permis d'y ajouter.
Dépité, je m'autorise néanmoins à rebondir sur sa réflexion relative au fait que le "secret" de la réussite de ce type de sujet consiste en un subtil balancement entre la théorie juridique et l'illustration pratique - que seule procure la fréquentation assidue des acteurs de la tragi-comédie administrative. Naturellement, se trouvent donc favorisés lors de cet exercice les candidats bénéficiant, a minima de cette imprégnation administrative "scolaire" (en d'autres termes les "sciences-po Paris") et, mieux, ceux qui bénéficient de l'expérience de leurs parents. Cette situation n'est du reste pas propre à ce sujet spécifique. Malheureusement, elle est à peu près la même quel que soit le sujet et dans pratiquement toutes les matières (avec néanmoins une mention particulière pour le droit public et la culture générale, matières qui se prêtent sans doute particulièrement à cette forme d'analyse)... Voilà pour le concours d'entrée. Au cours de la scolarité, la situation s'aggrave encore, puisque lors du stage en préfecture/ambassade (dont la notation est déterminante pour le classement final), la notation dépend essentiellement de l'adaptabilité du stagiaire au notateur ; ce dernier étant lui-même évidemment énarque dans la plupart des cas aura donc tendance à favoriser son propre schéma de pensée et les stagiaires familiers de ce petit monde de la haute administration se trouvent donc naturellement favorisés...
Au final, on comprend assez bien l'origine de la situation décrite par le rapport établi par les élèves énarques de la promotion Leopold Sedar Senghor (2002-2004) et qui constatait que les enfants d'enarque représentent 0,01 % d'une calsse d'âge mais constituent 4,4 % du total des élèves de la promotion et accaparent 27,7 % des postes offerts dans les grands corps... Au total, un enfant d'énarque entré à l'ENA aura plus de 8 chances sur 10 de pouvoir sélectionner un prestigieux "grand corps", alors que ses camarades auront 9 chances sur 10 de croupir dans les profondeurs du classement. Nous sommes donc loin du dogme de l'égalitarisme républicain devant le concours et je me demande souvent même si nous n'avons pas dépassé le stade d'endogamie qui préexistait à la création de l'école (une étude amusante, dont je ne retrouve malheureusement pas la trace, a été effectuée sur l'origine sociologique des membres du Conseil d'Etat et, selon mes souvenirs, conduit à constater que l'origine familiale des membres actuel du Conseil est encore plus élitiste que celle des membres en fonction au milieu du 19ème siècle... tous mes remerciements par avance à celui qui me pourra me retrouver les références de ladite étude).
Quelle réaction de l'administration face à ce type de constat : rien. Ou plutôt, si. A l'instar de l'éducation nationale cherchant à dissimuler les chiffres de la violence à l'école (et qui, faute d'y avoir réussi, tente désormais de discréditer la valeur de ses propres chiffres), le ministre de la fonction publique a menacé les élèves-énarques auteurs du rapport considéré (tout de même signé par 132 élèves sur 134) de sanctions disciplinaires, avec un certain succès puisque cet intéressant document n'est à ce jour pas disponible...
Ne s'agit-il pas d'une intéressante illustration de l'inaction de l'administration ?
Dépité, je m'autorise néanmoins à rebondir sur sa réflexion relative au fait que le "secret" de la réussite de ce type de sujet consiste en un subtil balancement entre la théorie juridique et l'illustration pratique - que seule procure la fréquentation assidue des acteurs de la tragi-comédie administrative. Naturellement, se trouvent donc favorisés lors de cet exercice les candidats bénéficiant, a minima de cette imprégnation administrative "scolaire" (en d'autres termes les "sciences-po Paris") et, mieux, ceux qui bénéficient de l'expérience de leurs parents. Cette situation n'est du reste pas propre à ce sujet spécifique. Malheureusement, elle est à peu près la même quel que soit le sujet et dans pratiquement toutes les matières (avec néanmoins une mention particulière pour le droit public et la culture générale, matières qui se prêtent sans doute particulièrement à cette forme d'analyse)... Voilà pour le concours d'entrée. Au cours de la scolarité, la situation s'aggrave encore, puisque lors du stage en préfecture/ambassade (dont la notation est déterminante pour le classement final), la notation dépend essentiellement de l'adaptabilité du stagiaire au notateur ; ce dernier étant lui-même évidemment énarque dans la plupart des cas aura donc tendance à favoriser son propre schéma de pensée et les stagiaires familiers de ce petit monde de la haute administration se trouvent donc naturellement favorisés...
Au final, on comprend assez bien l'origine de la situation décrite par le rapport établi par les élèves énarques de la promotion Leopold Sedar Senghor (2002-2004) et qui constatait que les enfants d'enarque représentent 0,01 % d'une calsse d'âge mais constituent 4,4 % du total des élèves de la promotion et accaparent 27,7 % des postes offerts dans les grands corps... Au total, un enfant d'énarque entré à l'ENA aura plus de 8 chances sur 10 de pouvoir sélectionner un prestigieux "grand corps", alors que ses camarades auront 9 chances sur 10 de croupir dans les profondeurs du classement. Nous sommes donc loin du dogme de l'égalitarisme républicain devant le concours et je me demande souvent même si nous n'avons pas dépassé le stade d'endogamie qui préexistait à la création de l'école (une étude amusante, dont je ne retrouve malheureusement pas la trace, a été effectuée sur l'origine sociologique des membres du Conseil d'Etat et, selon mes souvenirs, conduit à constater que l'origine familiale des membres actuel du Conseil est encore plus élitiste que celle des membres en fonction au milieu du 19ème siècle... tous mes remerciements par avance à celui qui me pourra me retrouver les références de ladite étude).
Quelle réaction de l'administration face à ce type de constat : rien. Ou plutôt, si. A l'instar de l'éducation nationale cherchant à dissimuler les chiffres de la violence à l'école (et qui, faute d'y avoir réussi, tente désormais de discréditer la valeur de ses propres chiffres), le ministre de la fonction publique a menacé les élèves-énarques auteurs du rapport considéré (tout de même signé par 132 élèves sur 134) de sanctions disciplinaires, avec un certain succès puisque cet intéressant document n'est à ce jour pas disponible...
Ne s'agit-il pas d'une intéressante illustration de l'inaction de l'administration ?
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