Rappel : le fonctionnaire n'exerce pas une profession libérale
Le ministre de l'Education Nationale, M. de Robien, a donc osé engager une procédure disciplinaire à l'encontre d'un de ses inspecteurs, M. Frackowiak, qui s'était publiquement démarqué de la méthode dite "syllabique" promue par le Ministre. Cette affaire suscite un grand émoi dans les "milieux éducatifs" où l'on accuse le ministre de "mettre en cause la formation des enseignants ... d?entretenir la suspicion au sein de notre système éducatif", le mis en cause faisant en outre valoir qu'il s'exprimait en qualité de syndicaliste.
Curieux de nature, je vais lire l'interview, cause du scandale. On y constate que l'auteur, s'exprimant sous sa qualité d'inspecteur de l'éducation nationale (sans faire état d'une quelconque fonction syndicale), ne fait guère dans la nuance puisqu'il compare la méthode promue par le Ministre à "un retour à la diligence" et que ses propos consistent effectivement à dire exactement le contraire de son Ministre... Au plan strictement juridique, je n'ai donc pas beaucoup de doute sur le fait qu'il s'agit d'une violation assez manifeste du devoir de réserve.
Mais, au-delà du seul aspect juridique, cette affaire me semble surtout intéressante car elle s'inscrit (pour une fois, et grace en soit rendue à M. de Robien) à l'encontre d'un laxisme assez répandu dans la fonction publique consistant à considérer pour négligeable, voire pour contestable, le rôle hiérarchique du Ministre à l'égard de ses fonctionnaires. Dans l'affaire considérée, je n'ai pas d'opinion totalement arrêtée sur la valeur respective des méthodes syllabiques, globales, semi-globales (etc...). Je n'ai en revanche guère de doute - contrairement à M. Frackowiack et aux syndicats s'étant exprimés sur cette affaire - sur le fait que, 1/ le Ministre, qui est jusqu'à preuve du contraire autorité hiérarchique de son administration, est légitime à imposer telle ou telle méthode de travail au sein de cette même administration (et une méthode de lecture en est une), 2/ qu'un fonctionnaire, a fortiori quand il exerce des responsabilités d'inspection est tenu à une obligation déontologique de loyauté vis à vis dudit ministre, laquelle obligation va au-delà du seul respect des textes officiels mais qui recouvre aussi la politique administrative publiquement exprimée par ledit ministre... Les opinions de M. Frackowiak sont tout autant respectables que d'autres, mais sa fonction lui interdit d'en faire état publiquement. Après tout, personne n'oblige l'intéressé à exercer des fonctions d'inspecteur (et à en bénéficier des avantages)...
Finalement, cette affaire est assez représentative d'un divorce entre une certaine fonction publique et la démocratie, celle-ce souhaitant s'exempter de la tutelle de celle-là au profit d'une forme "d'auto-gestion". Ce que je trouve finalement le plus regrettable, c'est qu'il se trouve des personnes dites "de gauche" (et aussi parfois de droite) pour défendre, et même pour simplement tolérer, ce type de comportements qui certes peut conjoncturellement correspondre à leurs opinions, mais qui peut conduire in fine à remettre en cause le principe même d'un gouvernement Républicain...
Curieux de nature, je vais lire l'interview, cause du scandale. On y constate que l'auteur, s'exprimant sous sa qualité d'inspecteur de l'éducation nationale (sans faire état d'une quelconque fonction syndicale), ne fait guère dans la nuance puisqu'il compare la méthode promue par le Ministre à "un retour à la diligence" et que ses propos consistent effectivement à dire exactement le contraire de son Ministre... Au plan strictement juridique, je n'ai donc pas beaucoup de doute sur le fait qu'il s'agit d'une violation assez manifeste du devoir de réserve.
Mais, au-delà du seul aspect juridique, cette affaire me semble surtout intéressante car elle s'inscrit (pour une fois, et grace en soit rendue à M. de Robien) à l'encontre d'un laxisme assez répandu dans la fonction publique consistant à considérer pour négligeable, voire pour contestable, le rôle hiérarchique du Ministre à l'égard de ses fonctionnaires. Dans l'affaire considérée, je n'ai pas d'opinion totalement arrêtée sur la valeur respective des méthodes syllabiques, globales, semi-globales (etc...). Je n'ai en revanche guère de doute - contrairement à M. Frackowiack et aux syndicats s'étant exprimés sur cette affaire - sur le fait que, 1/ le Ministre, qui est jusqu'à preuve du contraire autorité hiérarchique de son administration, est légitime à imposer telle ou telle méthode de travail au sein de cette même administration (et une méthode de lecture en est une), 2/ qu'un fonctionnaire, a fortiori quand il exerce des responsabilités d'inspection est tenu à une obligation déontologique de loyauté vis à vis dudit ministre, laquelle obligation va au-delà du seul respect des textes officiels mais qui recouvre aussi la politique administrative publiquement exprimée par ledit ministre... Les opinions de M. Frackowiak sont tout autant respectables que d'autres, mais sa fonction lui interdit d'en faire état publiquement. Après tout, personne n'oblige l'intéressé à exercer des fonctions d'inspecteur (et à en bénéficier des avantages)...
Finalement, cette affaire est assez représentative d'un divorce entre une certaine fonction publique et la démocratie, celle-ce souhaitant s'exempter de la tutelle de celle-là au profit d'une forme "d'auto-gestion". Ce que je trouve finalement le plus regrettable, c'est qu'il se trouve des personnes dites "de gauche" (et aussi parfois de droite) pour défendre, et même pour simplement tolérer, ce type de comportements qui certes peut conjoncturellement correspondre à leurs opinions, mais qui peut conduire in fine à remettre en cause le principe même d'un gouvernement Républicain...
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