Le gouvernement selon M. Fabius...
Il aura donc fallu un sondage mettant M. Hulot à 66 % en tant que "personnalité représentant le mieux la défense de l'environnement pour la présidentielle" pour que M. Fabius, illuminé par la grâce, lui propose presque le jour même un poste de "ministre d'Etat, n°2 du gouvernement" (excusez du peu). Il démontre ainsi brillamment :
a) que sa préoccupation pour l'écologie (et évidemment pour le reste) est directement corrélée à la courbe des sondages (à l'instar sans doute de son souci du maintien d'EDF dans le secteur public que l'on avait pas compris aussi sensible au temps où l'intéressé, ministre des finances du gouvernement Jospin, plaidait pour la mise sur le marché de la même entreprise).
b) que la composition de son futur gouvernement (et son programme de travail) n'est aucunement liée à des considérations aussi bassement matérielles que la cohérence politique ou l'accord très superflu des députés mais à la parution de la dernière cote de popularité IFOP ou SOFRES. Ses collègues du PS (et d'ailleurs) qui ont peut-être quelques idées sur l'écologie et qui, légitimement ou non, briguaient le poste, mais dont la cote dans l'opinion est probablement équivalente à celle de mon canari apprécieront à sa juste mesure...
c) que compte tenu de ces mêmes sondages, on peut sans grand risque estimer que Zizou, en tant que ministre (d'Etat bien sûr) des sports et l'Abbé Pierre (même chose pour les affaires humanitaires) ont sans doute un bel avenir devant eux. On craint le pire au cas où un sondage devait démontrer la grande popularité de Rintintin dans l'opinion publique.
M. Fabius gagne donc brillamment le trophée du "que le meilleur perde" de la semaine (on n'est que mardi, je prends un risque).